Jeudi 11 novembre 2010
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Sado-Masochisme, SM, BDSM... :
Depuis quelques mois j'ai une relation où le sexe est très marqué par le SM.
Ca influe sur mon rapport à la domination et à la violence. Ca change les définitions et les conceptions que j'avais de ces
deux idées aussi. Ca affecte mon équilibre général et une partie de ma vision du monde. Disons que des choses auparavant floues deviennent désormais plus précises.
Je ne vois pas ma récente venue au SM comme l'adhésion à un programme politique ou à une énième religion. Je me dis plutôt que
l'individu a plusieurs facettes qu'il peut parfois choisir de montrer ou pas, d'en développer certaines et d'en abandonner d'autres. Ces facettes peuvent aussi être aiguisées ou émoussées par les
circonstances indépendemment du choix conscient de la personne. Certaines peuvent lui être à demi conscientes ou complètement inconnues.
Je ne crois pas au changements radicaux chez les gens. C'est tout au plus un lent glissement qui s'opère. Une évolution.
Les effets de cette évolution commencent à se faire sentir dans mes goûts en matière de films, dans mon style d'écriture, peut-être
aussi dans ma vision politique du monde.
Et dans mes fantasmes !
Je pose nu comme modèle pour des écoles d'art. J'imagine que c'est le lot de tous les modèles de divaguer pendant les longues séances
de silence et d'immobilité forcés. Toujours est-il que moi j'ai pas mal des fantaisies érotiques qui me passent par la tête quand ma nudité est exposée pendant des heures à ces regards fixés sur
moi.
A présent mes fantasmes sont plus teintés de domination. J'ai commencé à écrire un texte sur le sujet de ce que je vis comme modèle.
Je l'ai appelé provisoirement "L'atelier" (peut-être que je le mettrai en ligne si je le trouve bien quand il sera fini).
Tout en adorant le vertige des sens, la complicité érotique et pousser plus loin mes limites, j'ai une grande méfiance à l'égard du
pouvoir, une aversion pour les choses établies d'avance et un conflit personnel avec les codes standards de comportement masculin/féminin. Mon anarchisme n'est jamais très loin.
Je veux tout pouvoir voir, goûter, connaître. S'il y a 2 côtés (soumission et domination), alors je veux explorer les deux. Ces
"switchs" sur lesquels j'ai jusqu'à maintenant peu lu. Cette duplicité (c'est plus exactement une double chance) plaît aussi à celle dont j'adore la peau. Et c'est un réel plaisir de voir l'autre
se transformer en passant d'un rôle à l'autre.
Quand à la tentation de dépasser l'autre en sadisme ou en soumission et à lui faire subir ce qu'il nous a fait subir... un régal
!
"Fétichisme !"
Il y a 4 ans j'avais fait une lecture à des amis de certains de mes poèmes. L'un d'entre eux s'appelait "Les bruits de la rue". Un inconnu avait crié un mot pendant ma lecture.
"Fétichisme". Ce cri et ce mot m'avaient déstabilisé et laissé songeur.
Maintenant je reconnais ce mot et je l'assume, même si j'ai le sentiment désagréable qu'il est largement récupéré par un milieu très
marqué par les travers de la société marchande : une uniformisation des pratiques notamment par la mode de certains vêtements et accessoires. Même si parmi les photos ou vidéos que je peux voir
sur ce thème j'en trouve assez souvent des belles, bien fichues ou très excitantes, j'ai presque toujours le sentiment de déjà avoir vu ça quelque part. La dimension artistique en prend
fatalement un coup. La quête simplement humaine de besoin de nouveauté aussi (en fait j'ai du mal à dissocier vision artistique et besoin humain essentiel - quand je les sépare je me dis que les
2 sont frustrées par la tournure que prennent les choses).
Enfermant pour l'imagination et pour l'individualité. Et puis certains accessoires hors de prix peuvent faire naître des envies à des
gens qui n'ont pas du tout les moyens financiers de ceux qui s'exposent avec.
Le fétichisme a pu être au départ affirmation d'une différence par rapport aux normes sexuelles traditionnelles. Mais de son ancien
statut de perversion sexuelle il a vite tendu à être une manière d'être tous identiques (du moins dans ce "milieu" qui se revendique fétichiste, cette "scène" dont les gens branchés parlent). A
celà ajouté le prix très élevé de certains accessoires, je me dis que ce phénomène de mode a perdu beaucoup de sa prétention subversive.
Est-ce que du moment que le terme "milieu" est utilisé par les médias il ne faut pas entendre plus qu'une autre manière de dire le
mot "marché" ?
D'un certain côté le "milieu" fétichiste reproduit les mêmes écarts et travers qui existent dans la société "normale".
Le défi, j'imagine, serait de développer des lieux alternatifs où peuvent s'exprimer des sexualités autres (au lieu de "sexualités"
je serais tenté de dire "sensibilité" - "sexualité" ayant été récupéré par la pensée marchande qui divise en catagories de consommateurs - "sensibilité" est plus large, ne peut pas être réduit à
des fonctions mécaniques, fait appel à des particularités individuelles et à l'imaginaire)...
Est-ce que ça serait possible de sortir de la sphère marchande ?
C'est en tout cas souhaitable.
Utopistes-érotomanes, à vos carnets de croquis et d'idées !
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